Il est des émotions que seul le sport sait nous procurer… Les organisateurs de l’IronMan 70.3 Pays d’Aix l’ont bien compris.
C’était avec une joie non dissimulée que vendredi matin je prenais seul la route pour Aix-en-Provence. Moi qui apprécie tout particulièrement l’endroit je me réjouissais de m’y rendre pour y disputer ma dernière course de la saison. Les sensations avaient été excellentes au cours de ces dernières semaines d’entraînement (période qui signifiait d’ailleurs la fin de ma collaboration avec Endurance Training Concept) et malgré une déconvenue malheureuse survenue en terres vosgiennes le 3 septembre dernier (symbolisée par un abandon sur le Triathlon XL de Gérardmer) je me savais en pleine possession de mes moyens. Il ne tenait qu’à moi de ne nourrir aucun regret à l’issue de cette ultime échéance…
Quel que peu éprouvé par le trajet ce n’est qu’en milieu d’après-midi que je rejoignais comme prévu Rudolph (Vernazza), Adrien (Boullier) et Guy (Hemmerlin) dans le centre de la cité aixoise. Ma mission première était alors de retirer mon dossard et je constatai déjà l’efficacité dont les bénévoles faisaient preuve (Triangle Events et Yves Cordier, forts de leur expérience dans l’organisation de manifestations sportives, n’auraient su commettre d’impair dans l’inauguration de celle-ci). Le hasard voudra que je me retrouve aux côtés de l’autre "Bianco" du jour au moment de m’enregistrer (un homonyme britannique dont je n’avais d’autre rapport que celui de partager la même passion). À peine le temps de parcourir brièvement le village des exposants qu’il nous fallait gagner l’hôtel pour mieux repartir dîner cœur de la vieille ville…
La journée de samedi se devait être placée sous le signe de l’entraînement (un peu), de la préparation des affaires (rapidement) et du dépôt de celles-ci. Rudolph et moi partions donc en direction du Lac du Plantain (situé à quelques dizaines de kilomètres) et nous découvrions une fois sur place un site tout simplement magnifique! La Provence nous offrait ce qu’elle semble proposer de meilleur et l’ensoleillement digne d’un mois de juillet me faisait oublier que l’automne tendait à s’installer en Lorraine. Après de timides coups de pédales et un footing en petite foulée nous déposions nos affaires dans un parc où la bonne humeur était de mise… Les bénévoles en charge aux différents postes se montraient appliqués et impliqués en plus d’être très sympathiques et tous les ingrédients semblaient réunis pour que la compétition se passe dans les meilleures conditions. La journée passait finalement très vite et l’heure de nous coucher ne tarda pas à arriver…
3h45min: le réveil sonnait à peine que j’étais sur le pied de guerre… On y était! Comme à mon habitude à l’angoisse de "me louper" se mêlait l’envie d’y être et de bien faire. La douche acheva de me sortir de ma courte nuit et j’avalais mon Gatosport en vérifiant mes différents sacs. La pluie ne cessait de tomber rythmant le va-et-vient perpétuel des balais d’essuie-glace de l’autocar et je préférais faire abstraction des trombes d’eau qui s’abattaient pour ne penser qu’à ma course. Je traduis cela comme un signe de la providence lorsque celle-ci s’arrêta net lorsque les portes du bus nous libéraient et alors que le jour peinait à percer nous nous empressions toutes et tous auprès de nos montures. À quelques mètres de moi un François Chabaud méticuleux (peut-être de par son statut de favori) s’affairait à vérifier son vélo dans les moindres détails alors que Sylvain Sudrie et Stéphane Poulat se voulaient plus décontractés. Je prenais le temps d’échanger quelques mots avec Benjamin Pernet (avec qui il était initialement prévu que je covoiture) et ce sont messieurs Marceau, Zamora, Faure et Cigana qui rejoignaient l’aire qui leur était réservée (la palme de la "déconn’" revenant à Trévor Delsaut qui aura su nous sortir quelques "perles" dont il a le secret). L’heure fatidique approchait…
À 7h40 les pros s’élancèrent en rangs serrés dans une eau assez fraîche. Rapidement les organisateurs nous invitaient à nous avancer et là tout s’enchaînait. 5 minutes à peine après ce premier coup de canon le départ était donné dans une précipitation évidente qui prit de court les quelques 1250 participants. Je n’aurais pas su m’échauffer ni même véritablement me concentrer et j’oubliais les coups distribués de toutes parts pour ne songer qu’à m’extirper du gros du peloton. J’arrivais rapidement à poser ma nager et à adopter un rythme convenable pour me positionner et à la mi-parcours je semblais emmener un joli petit monde dans mes pieds. Comme prévu j’attendais les 500 derniers mètres pour véritablement hausser le ton et reprenais ainsi 2 professionnelles. La sortie de l’eau se fit sans réelle difficulté et le long tapis qui nous menait jusqu’à l’aire de transition m’offrait la possibilité de doubler encore bon nombre de concurrents. Je sors "proprement" du parc quand j’entends le coach me hurler de ne surtout rien lâcher et c’en était parti pour 90Km tortueux sur un parcours d’une beauté inouïe aux difficultés connues.
Le premier tronçon "roulant" et la première difficulté passée que je reprenais Alexandra Louison (nous étions alors au Km 22). Le temps de jauger de son état de forme du jour et d’échanger quelques mots avec elle que je poursuivais mon effort (persuadé qu’elle me suivrait de près). Les toboggans incessants laissaient place au Col de Portes qui s’imposait comme le "plat de résistance" d’un menu pourtant consistant. Les pourcentages confirment le dernier conseil de Guy ("ça va casser de la fibre alors prudence") et il me fallait "débrancher" ce qui me sert de matière grise pour ne pas céder de terrain dans les nombreuses et longues descentes très techniques (beaucoup de chutes survinrent mais il ne m’était pas concevable de perdre ces places si chèrement gagnées). Je me "tirais la bourre" avec Alexandra qui m’avait rejoint au Km 44 et tantôt devant tantôt derrière moi (toujours à distance réglementaire) ce n’est qu’à l’entame de la dernière difficulté que je me refusais à la suivre dans son accélération (elle apprenait alors que les écarts avec la tête de la course se réduisaient). J’aurais géré cette partie de la plus belle des manières et c’est très satisfait que je posais le vélo dans un parc apparemment très "vide" (je suis alors dans les 100 premiers).
J’enfilai alors mes baskets pour entrer dans cette arène que formaient les barrières de sécurité autour desquelles une foule noire s’agglutinait. Aucune douleur ni raideur n’était à déplorer et je savourais cet instant privilégié. Le plateau télé (France 3 PACA) siégeant au beau milieu du carrefour et les encouragements du speaker accentuaient l’ambiance incroyable qui régnait alors… "Go go go Ju on ne lâche rien!": Guy était visiblement toujours dans les parages et j’arrivais à surmonter les nombreuses difficultés du tracé en me répétant que j’avais fait le plus difficile. Malheureusement, et malgré des jambes répondant aux moindres sollicitations, je ne parvenais pas à me "faire violence" et à franchir ce palier que constituaient ces 80% affichés en large sur le cadran de mon cardio. Je me complaisais dans cette fausse allure alors que c’était loin d’en être fini. Les nombreuses relances et les passages en sous-bois m’offraient l’opportunité de constater mon état de fraîcheur mais rien n’y faisait: peut-être voulais-je simplement "profiter pleinement du moment"?! RRRRRRR J’en finissais le sourire aux lèvres sur ce fabuleux Cours Mirabeau et je savourais l’instant.
Je sais alors que j’ai réalisé une course solide mais que cela ne suffira pas à m’envoler pour Vegas en septembre prochain. J’avais appris la veille que la course ne proposerait que très peu de "slots" (places qualificatives) et je me rendais le soir même à la cérémonie de remise des précieux sésames pour applaudir comme il se doit Adrien et Rudolph qui eux seront de la partie à Lake Las Vegas… J’aurais pris une satisfaisante 170ème place et de figurer à la 20ème position dans mon groupe d’âge m’autorise à croire en mes chances de participation à un championnat du monde très prochainement. Nous finirons la soirée à la "Heroes Night" organisée par IronMan France au casino de la ville et c’est des souvenirs plein la tête (et des lactates plein les muscles LOL) que je ne m’endormirai que tard dans la nuit…
Maintenant place à plusieurs semaines de repos complet (ordre du coach… le nouveau! HIHI) avant de retrouver le chemin de l’entraînement avec Francfort comme source de motivation et sous les couleurs du club que jamais je n’aurais du quitter (j’ai fait une expérience qui m’aura appris énormément notamment sur l’importance d’être entouré de ses "collègues" du TGV54)…
A très vite,
Ju.
PS: en lien les vidéos de ma course...
mysports.tv/default2.asp?e=IP11P&n=Julien+Bianco&r=252&nt_s1=&ct_s1=08:11:45&nt_s2=&ct_s2=08:15:55&nt_s3=&ct_s3=08:45:30&nt_s4=&ct_s4=10:00:00&nt_s5=&ct_s5=11:00:08&nt_s6=&ct_s6=11:02:23&nt_s7=&ct_s7=11:16:02&nt_s8=&ct_s8=11:30:35&nt_s9=&ct_s9=11:45:28&nt





